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Article: L'Ici de l'Ailleurs et le Nous de Là-bas: La description du Japon de Luis Frois à Roland Barthes

TitleL'Ici de l'Ailleurs et le Nous de Là-bas: La description du Japon de Luis Frois à Roland Barthes
Authors
Issue Date2014
PublisherAcademia.edu
AbstractIl existe dans la tradition de la relation du Japon une remarquable continuité : inaugurée par les lettres que Luis Frois envoyait du Japon à ses supérieurs hiérarchiques de 1570 à 1590, une tradition du rapport antipodique s’est installée en perdurant jusqu’à nos jours, et que Roland Barthes illustre de manière exemplaire, quatre siècles après Frois. Il serait même possible de dire que cette tradition s’organise autour d’un trope, d’un exercice littéraire rigoureux sur le mode de “l’Ici de l’Ailleurs” par opposition au “Nous de Là-bas”. En effet, alors que Frois, humble et attentif, acteur minutieux de la Renaissance, offre à lire une revue systématique du contraste nippo-européen, Barthes, las des abus de la “sémiocratie occidentale”, se délecte d’une vacance exquise au milieu de signes qui parlent tout en disant le moins. Cet antipodisme radical, ce culte ensorcelant du topsy turvy (B. H. Chamberlain), ne cesse de produire des textes déchiffrant la figure présumée de l’envers, toujours énigmatique, toujours déconcertante. En fin de parcours, ce sont les contours de l’oikuméné – ce monde quitté par le visiteur même, qui sont délibérément épaissis et valorisés, dans une volonté programmatique, comme s’il en fallait souligner la vacuité. There exists in the relation of Japan, in all the various accounts that this country has long elicited, a remarkable continuity: unveiled with the letters written by Luis Frois to his superiors from 1570 to 1590, a tradition of antipodal report was installed and has lived on until today; Roland Barthes’ L’Empire des Signes (1970) illustrates this in an exemplary manner, four centuries after Frois. This tradition appears to revolve around a particular trope, through a rigorous literary exercise by which 'Here of Elsewhere' opposes to 'We from Yonder'. While Frois, humble and attentive, unequivocal temperament of the Renaissance, offers to read a methodical review of the Japanese-European contrast, Barthes, weary of all the abuse of 'Western sémiocratie', appears to take relish in an exquisite vacation amidst signs that speak while saying the least. This radical antipodism, this bewitching worship of the “topsy turvy” (B.H. Chamberlain), continue to pollinate texts that decipher the alleged figure of the reverse , always enigmatic and disconcerting. In the end, it is the contours of the Oikumene - this world left behind by the visitor - that are deliberately thickened and valued in a programmed design, as if its emptiness had to be underscored.
Persistent Identifierhttp://hdl.handle.net/10722/211651

 

DC FieldValueLanguage
dc.contributor.authorMeyer, DC-
dc.date.accessioned2015-07-21T02:06:45Z-
dc.date.available2015-07-21T02:06:45Z-
dc.date.issued2014-
dc.identifier.urihttp://hdl.handle.net/10722/211651-
dc.description.abstractIl existe dans la tradition de la relation du Japon une remarquable continuité : inaugurée par les lettres que Luis Frois envoyait du Japon à ses supérieurs hiérarchiques de 1570 à 1590, une tradition du rapport antipodique s’est installée en perdurant jusqu’à nos jours, et que Roland Barthes illustre de manière exemplaire, quatre siècles après Frois. Il serait même possible de dire que cette tradition s’organise autour d’un trope, d’un exercice littéraire rigoureux sur le mode de “l’Ici de l’Ailleurs” par opposition au “Nous de Là-bas”. En effet, alors que Frois, humble et attentif, acteur minutieux de la Renaissance, offre à lire une revue systématique du contraste nippo-européen, Barthes, las des abus de la “sémiocratie occidentale”, se délecte d’une vacance exquise au milieu de signes qui parlent tout en disant le moins. Cet antipodisme radical, ce culte ensorcelant du topsy turvy (B. H. Chamberlain), ne cesse de produire des textes déchiffrant la figure présumée de l’envers, toujours énigmatique, toujours déconcertante. En fin de parcours, ce sont les contours de l’oikuméné – ce monde quitté par le visiteur même, qui sont délibérément épaissis et valorisés, dans une volonté programmatique, comme s’il en fallait souligner la vacuité. There exists in the relation of Japan, in all the various accounts that this country has long elicited, a remarkable continuity: unveiled with the letters written by Luis Frois to his superiors from 1570 to 1590, a tradition of antipodal report was installed and has lived on until today; Roland Barthes’ L’Empire des Signes (1970) illustrates this in an exemplary manner, four centuries after Frois. This tradition appears to revolve around a particular trope, through a rigorous literary exercise by which 'Here of Elsewhere' opposes to 'We from Yonder'. While Frois, humble and attentive, unequivocal temperament of the Renaissance, offers to read a methodical review of the Japanese-European contrast, Barthes, weary of all the abuse of 'Western sémiocratie', appears to take relish in an exquisite vacation amidst signs that speak while saying the least. This radical antipodism, this bewitching worship of the “topsy turvy” (B.H. Chamberlain), continue to pollinate texts that decipher the alleged figure of the reverse , always enigmatic and disconcerting. In the end, it is the contours of the Oikumene - this world left behind by the visitor - that are deliberately thickened and valued in a programmed design, as if its emptiness had to be underscored.-
dc.languagefre-
dc.publisherAcademia.edu-
dc.titleL'Ici de l'Ailleurs et le Nous de Là-bas: La description du Japon de Luis Frois à Roland Barthes-
dc.typeArticle-
dc.identifier.emailMeyer, DC: dcmeyer@hku.hk-
dc.identifier.hkuros245525-

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